Favoriser l’inclusion des personnes en situation de handicap en agriculture dans le Grand Ouest (Bretagne et Pays de la Loire)
Etude menée par Jestin Hugo, Ménard Noémie, Vicens Thomas, Clerc Vivien, Étudiants M2 à l’ESA d’Angers, encadrés par Annie Sigwalt
Cette étude, commanditée par la Chaire Mutations Agricoles (ESA) et soutenue par la Chambre d’agriculture de Bretagne, explore les conditions d’insertion et de maintien en emploi des PSH. Elle vise à objectiver les obstacles rencontrés par les employeurs et les salariés pour proposer des repères opérationnels.
Principaux résultats :
L’étude part du constat d’un paradoxe structurel : alors que le secteur agricole fait face à une pénurie de main-d’œuvre croissante, l’emploi des personnes en situation de handicap (PSH) y reste marginal (2,2 %) et largement invisible. À partir d’une enquête qualitative menée auprès de salariés agricoles en situation de handicap et des acteurs qui accompagnent ces personnes, en Bretagne et Pays de la Loire, l’objectif était d’identifier les leviers qui favorisent ou qui freinent l’insertion des PSH dans le milieu agricole.
- Cette enquête montre que l’accès à l’emploi est fortement inégalitaire selon le capital social des individus : les réseaux informels (familles, voisins…) facilitent l’insertion des personnes issues du milieu agricole, tandis que les « novices » non issus du milieu agricole se heurtent à un déficit d’information et de contacts. Ces derniers se dirigent vers des organismes d’aide à l’emploi et se retrouvent souvent face à une inadéquation des réponses proposées par des organismes comme France Travail, dont la méconnaissance des spécificités du secteur et des enjeux du handicap freinent l’insertion.
- D’autre part, on observe encore des stéréo-types de la part des employeurs : ils surestiment souvent la complexité technique des aménagements et craignent une baisse de productivité. Certains pensent que l’emploi de PSH en exploitation est impossible à cause d’une méconnaissance des types de handicap. Pourtant, l’enquête démontre que les leviers de réussite les plus déterminants ne sont pas les investissements technologiques lourds, mais des solutions humaines et organisationnelles simples.
- La pérennité des parcours repose sur un accompagnement humain et sur une adaptation organisationnelle des postes de travail. L’étude montre que l’enjeu central dépend de la capacité à coordonner les acteurs (employeurs, MSA, Cap emploi, Agefiph), à clarifier les dispositifs existants et à créer des espaces de médiation permettant de lever les craintes, d’ajuster les pratiques et de sécuriser durablement les trajectoires professionnelles.
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